Marathon des Sables au Pérou (course à étapes)

01/12/2025 12:00

 MARATHON DES SABLES AU PÉROU (FORMAT COURT - 85 KM EN 3 ÉTAPES - 1600m d+) 

   
 
La Province d'Ica
Un décor grandiose et protégé.

Situé au sud de Lima sur la côte du Pérou, le désert d'ica est connu pour ses immenses dunes de sable, il est l'un des déserts les plus arides au monde.
Le désert se trouve le long de la côte Pacifique, entre les villes de Ica, Nazca et Arequipa.

Ica est caractérisé par un climat désertique chaud, c'est à dire chaud et sec. La température moyenne est de 27 degrés en été et de 18 degrés en hiver. Ica connait aussi des vents forts appelés paracas, qui, peuvent occasionnellement créer de grandes tempètes de sable.
 
 
 
Etape 1 (25,8 km pour 526m D+ / 508m D-) - Lundi 1er Décembre.
 

Départ de l’hôtel à Lima à 4h00 du matin pour un trajet en bus de 7h00 jusqu’au désert d’Ica. Nous sommes arrivés à 11h00, et 30’ après c’est le briefing de l’organisation pour nous chauffer. Le départ est donné à 12h00, en plein soleil. Ne sachant pas comment j’allais être physiquement je pars prudemment mais les 9 premiers km sont assez roulants. Au premier contrôle (CP1) je suis dans le top 15. Du km 9 au deuxième CP au km 18, le parcours est quasiment en descente avec des passages sur des zones très sableuses, rendant la foulée un peu plus compliquée. Ce trail en étapes est en autosuffisance, c’est à dire que seul l’eau et la tente sont à notre disposition. Mon sac fait en peu plus de 6 kg sans l’eau (j’ai avec moi 2 bidons de 750 ml). Après le CP2 (km 18), une vraie tempête de vent sur une portion en montée avec un dévers qui rend les choses difficiles. Je reste prudent car je ressens déjà un peu de fatigue et physiquement j’ai déjà des douleurs qui se réveillent (ce qui était ma crainte avant de partir). Je sais très bien que je n’ai pas récupéré du « défi semi » et que ma préparation pour cet événement n’a pas été optimale. Les 3 derniers km étaient en descente. Je termine à la 6ème place du général à ma grande surprise.

 

Etape 2 (30,9 km pour 916m D+ / 916m D-) - Mardi 2 Décembre.

 

Hier soir, avant de se coucher dans notre duvet, l’organisation nous a informé que les 30 premiers concurrents du classement général de la veille partiraient 1h00 après les autres coureurs. La nuit a été difficile, je n’ai pas très bien dormi et mes douleurs musculaires ont été gênantes sur le sol de ma tente. Le réveil est à 5h00 du matin. Le départ pour nous est donc donné à 7h30 au lieu de 6h30. L’attente a été longue ! Pleins de questions se posent dans ma tête vu mon état physique. Cette course permet de choisir une autre distance au premier CP. Que faire ? Être raisonnable ? Écouter son corps ? Ou bien tenter de faire 62,9 km au risque d’abandonner, ou de choisir de faire la distance la plus courte de 30,9 km. Les 4 premiers kilomètres sont en montée sur une énorme dune. Je suis placé dans les 10 premiers, mais mon dos, mon genou gauche, mes 2 quadriceps sont douloureux. Du km 4 au km 12, nous sommes sur un faux plat montant qui nous amènent au CP 1 (km 12), là, où il faut faire le bon choix. Être raisonnable ou être dingue ! Je me ravitaille en eau et je décide avec regret de prendre la direction du 30,9 km au lieu du 62,9 km. Ce n’est pas facile pour moi de changer d’itinéraire mais j’ai fait le choix du raisonnable. Mon corps est trop fatigué et il n’a pas récupéré du « défi semi », et j’aurais du mal à souffrir encore et encore ou même abandonner si mon corps me lâchait. Et connaissant parfaitement mon état physique, je prendrais un risque de ne pas finir si je pars sur la longue distance, et ça, j’aurais vraiment du mal à l’accepter. Je prends donc la direction du parcours court. Au CP1, on m’indique que je suis 6ème sur le 30,9 km. Du km 14 au km 21, c’est qu’une descente qui permet de bien courir malgré le sable. Au km 20, une énorme descente dans une dune très sableuse où chaque appuis les pieds s’enfoncent tellement que on ne voit plus nos baskets. Sur ces 6 km, j’ai doublé quelques concurrents. Au CP2 (km 22), on me donne mon classement je suis 2ème et j’aperçois le 1er. Je suis talonné par un espagnol depuis le début de ce Marathon des Sables. Son profil de coureur est une personne qui part souvent plus vite que moi, que je double au milieu du parcours et qui revient toujours plus vite sur moi sur la fin. Je reste méfiant. Les 10 derniers km sont atroces, nous sommes le long de la mer, le sable est très mou et difficile à courir. J’ai trop mal partout. J’alterne de la course et de la marche. Je suis défoncé ! Je m’accroche et je double quand même le 1er du classement. En tête à 6 km de l’arrivée, je me force à ne pas lâcher. Je souffre mais le compétiteur que je suis ne veux rien lâcher. Je ne suis pas venu au Pérou pour faire un résultat, mon objectif est de finir mais la vérité c’est qu’à ma grande surprise je suis bien classé, et je vais essayer de rester sur le podium et pourquoi pas gagner ce Marathon des Sables sur le format court soit 84 km au lieu du 120 km du long. Je termine à la première place, fatigué et meurtri.

 

Journée de repos - Mercredi 3 Décembre.

 

Etape 3 (27,3 km pour 574m D+ / 515m D-) - Jeudi 4 Décembre.

 

Aujourd’hui, c’est la der ! Après une nuit quasiment blanche, très peu dormi, douleurs, chaleur, l’organisation nous réveille à 3h30 du matin. Il y aura 2 vagues de départ, le 1er groupe partira à 5h et l’autre, celui où je serais, à 6h. Donc j’ai le temps de déjeuner mon sachet de produit lyophilisé, de bien ranger mon sac à dos, de plier ma tente et de faire quelques mouvements pour se préparer à courir. L’objectif de cette étape est de garder ma place au général du format court (1er). Derrière moi, un espagnol qui est très fort, qui est plus jeune et qui est physiquement mieux que moi. Le 3ème est un canadien. À 5h30, briefing de course par l’organisateur. Le départ est donné comme prévu à 6h. L’espagnol prend les commandes et me distance très rapidement sur la première difficulté. Du km 0 au km 4, c’est une très belle montée de dunes. Je dois gérer sans me mettre dans le rouge, le but est de rester en contact visuel avec l’espagnol et surveiller le canadien qui se trouve derrière moi. Ce catalan monte très bien. Au km 4, j’ai quasiment 2’30’’ de retard sur lui et derrière je n’aperçois pas le canadien. Sans m’affoler, j’essaye de contrôler l’écart et mon état physique. Mes douleurs, dos, quadriceps et genou sont toujours aussi présentes. De plus mon duvet qui est normalement bien accroché sous mon sac s’est décroché des sangles, il tient juste qu’avec un mousqueton, et je n’arrive pas à le resserrer en courant. Je décide de le laisser comme ça même si cela me gêne car il me tape derrière le dos !!! Du km 4 au km 6, une descente sur une surface assez dure qui permet de mettre un peu de rendement. Je reviens sur l’espagnol à une centaine de mètres, et je ne vois pas le canadien derrière moi. La difficulté c’est que l’on rattrape les derniers qui sont partis une heure avant nous et visuellement c’est plus compliqué pour jauger les écarts. Du 6 km au km 8 jusqu’au CP1 je reste au contact. L’espagnol fait le choix de ne pas se ravitailler en eau et en solide. Moi, je m’arrête au stand car je n’avais pas beaucoup rempli mes bidons d’eau pour m’alléger dans la première montée. Je me retourne et j’aperçois le canadien. Je repars assez vite pour limiter mon écart avec le 1er. Du km 8 au km 16, une longue ligne droite en faux-plat montant sur une partie un peu plus sableuse. Je reprends quelques mètres sur le catalan. Au km 16, 2ème CP, l’espagnol ne s’arrête toujours pas et je fais la même chose. Mon état physique se dégrade, il fait très chaud, j’ai mal aux jambes. Je m’accroche. Maintenant à chaque montée de dune, l’espagnol marche, je me calque à lui. Dès qu’il marche, je marche et dès qu’il reprend sa course, je fais la même chose mais c’est dur de tenir. À ce moment de la course, au km 22, je suis dans le dur ! Il faut que mentalement je tienne. Du km 22,5 au km 26, c’est la dernière grosse difficulté, une montée sèche sous la chaleur, l’espagnol creuse l’écart et il prend beaucoup d’avance, je m’accroche !! Je me retourne et je n’aperçois plus le canadien. Il reste 1,300 km avant de franchir la finish-line. J’ai mal, mais je donne tout sur un sol caillouteux. Je termine épuisé 2ème de ce format court et je garde ma première place au général. Je suis fatigué, heureux d’avoir fini ce Marathon des Sables, un peu déçu d’avoir terminé sur le format court, mais au vu de ma saison et du « défi semi », je suis très content. Mais place à la récupération !!!!!

 

 

 CLASSEMENT  

  •  1er au scratch (format court) sur 280 participants
  •  1er master 3
  •  Temps : 9h36'59''